Qu’est-ce le diabète?

Définitions du diabète :

Petit Larousse (2005): « Troubles du métabolisme des glucides dûs à une insuffisance de l’action de l’insuline pancréatique et caractérisée par une hyperglycémie et parfois par la présence de sucre dans les urines. Le diabète sucré peut être lié à un trouble auto-immun, à l’obésité, à l’hérédité et peut se manifester dès l’enfance ».

Amelie.fr (1) : « Le diabète est une maladie chronique qui se caractérise par un excès de sucre dans le sang ou hyperglycémie. Il existe 2 principaux types de diabète dus à des dysfonctionnements différents : le diabète de type 1 et le diabète de type 2. C’est l’hyperglycémie chronique qui définit le diabète ».

Deux diabètes bien différents

Ces définitions sont vraies et définissent effectivement le diabète. Pourtant, au-delà des apparences, il faut préciser les différences entre les 2 types nommés ci-dessus. L’un est lié à une production insuffisante d’insuline (type 1), l’autre, nommé aussi diabète « gras », lié à une surproduction d’insuline (type 2).

L’hyperglycémie définit bien le diabète dans ces 2 définitions mais il s’agit de maladies aux mécanismes diamétralement opposées nécessitant des traitements eux aussi inverses. Le problème est que ces définitions sont universelles et que le médecin qui traite le diabète, continue encore aujourd’hui à traiter l’hyperglycémie comme s’il s’agissait dans les 2 cas de la même maladie. C’est vital pour le diabétique de type 1 et illusoire pour le diabétique de type 2, qui à notre époque, représente 90% des cas de diabète.

Les conséquences : l’augmentation incroyable du nombre de malades chroniques traités mais jamais guéries. La pandémie de diabète, comme celle de l’obésité qu’elle aggrave, est depuis plusieurs décennies permanente. Elle est la première maladie non infectieuse de l’histoire capable de s’associer à toutes les autres maladies chroniques et de les aggraver (2).

Diabète type 1 ou type 2…  Causes et stratégies totalement différentes

Pour le diabète de type 1 il faut donner de l’insuline. Pour le diabétique de type 2, il faut empêcher son excès de production!

Le diabète de type 1 est du aux conséquences d’une maladie auto-immune qui a détruit les ilots de Langherans, lieu de production de l’Insuline dans le pancréas. Le traitement est l’injection quotidienne et adaptée d’Insuline.

Le diabète de type 2 est définie par l’incapacité de l’Insuline à faire pénétrer le sucre, en excès dans le sang, dans nos cellules malgré un surcroit permanent de production. La cause de ce diabète est diététique. Son traitement doit être diététique et consiste à diminuer l’ingestion de sucre, en quantité et en fréquence. L’objectif final est de diminuer significativement les pics d’insuline.

Le jeûne fait cela très bien !

Pourquoi traite-t-on toujours l’effet mais pas la cause?

Nous parlerons ici essentiellement de la prise en charge du diabète de type 2.

Les études sur l’intérêt du jeûne comme traitement du diabète sont limitées et les avis en matière de santé proviennent essentiellement des expériences des gourous de la perte de poids et des études sur les animaux. Le diabète est donc considéré avec fatalité comme une maladie quasi irréversible entretenue par les médecins eux-mêmes, qui s’accommodent d’une nouvelle « maladie de civilisations » ou « chronique » ou encore « non transmissible ».

Le diabète n’est peut-être pas une maladie transmissible mais la marée montante de l’obésité, notamment chez l’enfant (3% d’enfants obèses en 1965, 18% en 2018) est à l’origine d’une pandémie dramatique qui ne cesse de s’aggraver, tant à l’échelle d’une civilisation qu’au niveau individuel. Le nombre croissant de personnes obèses reflète la prévalence croissante du diabète; on estime que dans le monde plus de 400 millions d’adultes en souffrent dont 90% sont atteints de diabète de type 2.

C’est donc une cible thérapeutique urgente. Les directives médicales sur la façon de gérer le diabète restent imperturbablement et malheureusement obsédées par le traitement de l’hyperglycémie.

Depuis des décennies on traite l’effet mais pas la cause. Et cela ne fonctionne pas, le diabète reste une maladie chronique, incurable….

Que nous apprend la chirurgie bariatrique?

En France, nous sommes les champions de la chirurgie bariatrique (plus de 70 000 interventions par an). Le principe est simple. On tente, par des moyens chirurgicaux (en dérivant, en amputant une ou des parties de l’intestin), de diminuer significativement l’importance des ingestions alimentaires. Ce n’est pas du jeûne mais pendant quelques mois après l’intervention, le principe de la chirurgie coïncide avec celui du jeûne.

Dans une étude datant de 2012 il a été décrit, dans les 12 premiers mois après l’intervention, une amélioration, voire une disparition du diabète chez les malades opérés, quel que soit le mode de chirurgie bariatrique, alors que les patients « contrôles » traités médicalement continuaient à s’aggraver (3).  Cette étude confirme que le traitement médical ne fonctionne pas et a montré que la diminution importante de l’ingestion alimentaire pouvait guérir le diabète de type 2.

Du fait de cette action bénéfique, la chirurgie bariatrique a été rebaptisée « chirurgie métabolique ». Les auteurs de cette étude ont publié les résultats du suivi à 5 ans et ont abouti aux mêmes conclusions (4). La suppression de l’obésité a donc permis de guérir une maladie réputée incurable.

Cela mérite de réfléchir aux alternatives à la chirurgie métabolique…

Le diabète et le jeûne, incompétence ou ignorance?

Le jeûne est un acte volontaire de suppression de toute alimentation.

Le jeûne hydrique permet l’ingestion d’eau ou de boissons non sucrées et non énergétiques (eau, tisanes, thé, café sans sucre, sans lait, sans miel et sans édulcorants) mais interdit toute alimentation solide.

Le jeûne est un acte naturel décrit et connu depuis de très nombreuses années par les médecins physiologistes (5- 6) et que l’on pratique régulièrement à notre insu (toutes les nuits, lorsqu’on saute une repas…) sans risque de mourir. Notre corps à de nombreuses facultés d’épargne de nos éléments constitutifs (notamment les protéines) et fourni l’énergie nécessaire et suffisante au moins pendant plusieurs jours à partir de nos réserves, en fonction de nos besoins. Pendant le jeûne, l’énergie est fournie à partir du glucose (fabriqué par néoglucogénèse) mais surtout par les corps cétoniques produits par la dégradation des acides gras provenant du tissu adipeux par le foie. Tant que ces 2 productions sont possibles, l’organisme du jeûneur est préservé.

L’ingestion alimentaire de sucre étant nulle, la production d’insuline par le pancréas est fortement diminuée, voire annulée. Lors d’un jeûne hydrique, comme mentionné plus haut, la néoglucogénèse permet de conserver une glycémie constante, rapidement normalisée (environ 24 heures dans la plupart des cas) à des taux inférieurs à 1g/l.

Le jeûne hydrique guérit le diabète de type 2 en environ 24h00 !

La chirurgie bariatrique fait la même chose en plusieurs semaines avec quelques prises de risques (1% de mortalité, 20% de complications postopératoires immédiates et 40% d’échec). La chirurgie, aussi métabolique soit-elle, n’est pas le jeûne car le patient continue à manger.

Ces quelques lignes soulignent le caractère étonnant d’une situation dramatique à l’échelle mondiale. Le monde est hébété devant la gravité de la situation pandémique de l’obésité et du diabète mais reste aveuglé par des croyances critiquables car elles sont à l’origine de couts monstrueux, d’échecs thérapeutiques, de diminution de l’espérance de vie et de souffrances individuelles insupportables.

Quel médecin peut encore poursuivre ses activités dans un contexte aussi peu respectable ? Car on sait ou on ne sait pas ! Si on sait, on ne peut pas continuer à prescrire inutilement. Si on ne sait pas, on est incompétent et dangereux pour nos malades !

Le jeûne sous toutes ses formes guérit la plupart des diabètes de type 2. Le jeûne hydrique a été pratiqué durant toute l’histoire de l’humanité et bien avant. Il n’a de danger que par l’effet iatrogène de certains médicaments qu’il est important de connaitre, d’adapter ou de supprimer. Depuis quelques années il a été décrit des formes de jeûne, dits intermittents, qui aboutissent vis-à-vis du diabète  à la même réussite. Le jeûne intermittent consiste à supprimer 1 repas par jour au lieu des 3 repas classiques (en fait les français mangent quotidiennement 4,7 repas par jour) ou à ne pas manger pendant 1 ou 2 jours par semaine.

De nombreuses études confirment les effets bénéfiques de ces jeûnes sur la guérison du diabète ( 7-8 ).

Il est indispensable d’insister sur les facultés du jeûne sur le diabète mais aussi sur la diminution durable du poids, sur l’amélioration de l’humeur et de la qualité de vie, sur la pression artérielle qu’il diminue et bien d’autres effets sur la santé ( 9 ).

Les séjours « Jeûne & Santé » ont pour objectif de donner les moyens aux personnes diabétiques de guérir et d’améliorer leur qualité de vie grâce à la présence d’un médecin en permanence et de son équipe, à des explications simples, des activité de santé, ludiques et agréables. Le jeûne permet des changements de comportements durable dans un contexte chaleureux, sécuritaire et décontracté. En proposant des séjours de jeûne hydriques suivis ou non de séjours de jeûne intermittent, l’équipe médicale propose au sein de Jeûne & Santé une méthode thérapeutique inédite en France dont l’objectif essentiel est la guérison.

Docteur Philippe Guérin

Sources

1. https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/diabete-comprendre/definition

2. La fabrique de l’obésité : enquête sur un fléau planétaire. Yves Leers. Ed. Buchet.Chastel

3. Bariatric surgery versus intensive medical therapy in obese patients with diabetes. Schauer PR, Kashyap SR, Wolski K, Brethauer SA, Kirwan JP, Pothier CE, Thomas S, Abood B, Nissen SE, Bhatt DL. N Engl J Med. 2012 Apr 26; 366(17):1567-76.

4. Bariatric Surgery versus Intensive Medical Therapy for Diabetes – 5-Year Outcomes. Schauer PR, Bhatt DL, Kirwan JP, Wolski K, Aminian A, Brethauer SA, Navaneethan SD, Singh RP, Pothier CE, Nissen SE, Kashyap SR. N Engl J Med. 2017 Feb 16; 376(7):641-651.

5. Voyage en biochimie. Bernadette et Philippe Hecketsweiler. Ed Elsevier. 3ème édition (2004)

6. Impact of prolonged fasting on insulin secretion, insulin action, and hepatic versus whole body insulin secretion disposition indices in healthy young males. Jørgensen SW, Hjort L, Gillberg L, Justesen L, Madsbad S, Brøns C, Vaag AA.Am J Physiol Endocrinol Metab. 2021 Feb 1;320(2):E281-E290.

7. Impact of intermittent fasting on health and disease processes. Mark P. Mattson, Valter D. Longo,and Michelle Harvie Ageing Res Rev. 2017 Oct; 39: 46–58.

8. Intermittent fasting : is there a role in the treatment of diabetes? A review of the literature and guide for primary care physicians. Michael Albosta, Jesse Bakke   Clin Diabetes Endocrinol. 2021 Feb 3;7(1):3.

9. Safety, health improvement and well-being during a 4 to 21-day fasting period in an observational study including 1422 subjects. Françoise Wilhelmi de Toledo, Franziska Grundler, Audrey Bergouignan, Stefan Drinda, Andreas Michalsen. PLoS One. 2019; 14(1): e0209353.