Définitions de l’inflammation et de la métaflammation

L’inflammation nous protège. Face à une agression sa finalité est la guérison.

L’inflammation aigue est une réponse adaptée par notre organisme à des agressions locales ou systémiques, internes ou externes.

L’inflammation chronique est une réponse durable, systémique, lié à une agression permanente impliqué dans un grand nombre de troubles persistants notamment métaboliques. Elle est souvent associée à des réactions immunitaires dédiées à la reconnaissance et à la destruction de particules étrangères ou reconnues comme telles.

Les recherches des dernières décennies ont révélé un lien entre les troubles métaboliques et l’inflammation ce qui conduit au concept de «métaflammation».

La métaflammation décrit l’inflammation systémique consécutive à une absorption chronique d’énergie sous forme alimentaire ou à une diminution persistante de qualité de cette alimentation. Elle représente un état pathologique où la réponse inflammatoire dysrégulée est responsable de réactions en chaines avec sécrétions de multiples cytokines pro inflammatoires (protéines inflammatoires secrétées par les tissus endommagés agissant dans tout l’organisme) et de réponses immunitaires inappropriées. Ces réactions sont à l’origine de l’apparition à bas bruit de maladies chroniques (obésité, diabète, syndrome métabolique, NASH…) et de dommages d’organes (tissu adipeux, foie, muscles, cerveau…). Les lésions tissulaires et cellulaires sont elles-mêmes responsables de l’augmentation du nombre de radicaux libres circulants (stress oxydant) qui, en l’absence de suffisamment de molécules antioxydantes, aggravent le processus de destructions d’organes dans l’organisme. De plus en plus de preuves établissent un lien entre ces pathologies et la métaflammation(1-2) par les phénomènes de la résistance à l’insuline.

L’obésité aggrave l’inflammation du tissus adipeux (surtout la graisse viscérale)

Du fait d’une alimentation trop riche, de mauvaise qualité ou trop peu variée, le nombre de malades obèses adultes en France ne cesse d’augmenter dramatiquement et est évaluée actuellement à environ 8 millions (3). L’obésité s’aggrave classiquement par l’inflammation du tissu adipeux, notamment au niveau de la graisse ectopique ou viscérale (en majorité abdominale), habituellement située au niveau de l’abdomen.

Que peut apporter le jeûne pour réversibiliser cet état pathologique ?

La pratique du jeûne (hydrique ou intermittent) est corrélée à une amélioration de la sensibilité à l’insuline et à une diminution de l’état inflammatoire, aussi bien chez l’animal que chez l’homme (4). De nombreuses études pratiquées chez des sujets sains (5) ou chez des malades métaboliques (diabétiques) confirment l’impact positif du jeûne sur les marqueurs de la métaflammation (6). Par ailleurs il a été démontré que le jeûne à long terme peut augmenter aussi la production endogène d’un certain nombre de molécules antioxydantes qui agissent de manière protectrice contre les radicaux libres (7).

Le jeûne agit aussi au niveau du tube digestif en intervenant sur la composition du microbiote. Il est responsable de sensations de bien-être et d’amélioration des facultés cognitives qui vont bien au-delà de la simple réponse anti-inflammatoire.

Une prise en charge dans la globalité

Classiquement les pratiques de jeûnes ne sont pas isolées. Elles s’associent habituellement à des activités physiques adaptées, des méthodes de relaxation et des prises en charge d’éventuels troubles du sommeil, comme nous le proposons chez “Jeûne & Santé”.

Ces activités et traitements complémentaires augmentent de façon significative les effets antiinflammatoires du jeûne.

Nous le verrons plus précisément dans le second dossier qui étudiera les effets bénéfiques de ces traitements associés sur l’inflammation chronique et sur les pathologies associées.

Docteur Philippe Guérin

 

Sources

(1) Donath MY, Shoelson SE Diabète de type 2 en tant que maladie inflammatoire. Nature Reviews Immunology . 2011; 11 (2): 98

(2) Alina Kuryłowicz and Col. Anti-Inflammatory Strategies Targeting Metaflammation in Type 2 Diabetes. Molecules. 2020 May; 25(9): 2224.

(3) https://solidarites-sante.gouv.fr/systeme-de-sante-et-medico-social/strategie-nationale-de-sante/priorite-prevention-rester-en-bonne-sante-tout-au-long-de-sa-vie-11031/priorite-prevention-les-mesures-phares-detaillees/article/obesite-prevention-et-prise-en-charge#:~:text=Contexte,de%208%20millions%20de%20personnes.

(4) Anson R.M. and Col. Intermittent fasting dissociates beneficial effects of dietary restriction on glucose metabolism and neuronal resistance to injury from calorie intake. Proc. Natl. Acad. Sci. USA. 2003;100:6216–6220

(5) Wilhelmi de Toledo F., Grundler F., Bergouignan A., Drinda S., Michalsen A. Safety, health improvement and well-being during a 4 to 21-day fasting period in an observational study including 1422 subjects. PLoS ONE. 2019;

(6)  Halberg N., Henriksen M., Soderhamn N., Stallknecht B., Ploug T., Schjerling P., Dela F. Effect of intermittent fasting and refeeding on insulin action in healthy men. J. Appl. Physiol. 1985. 2005;99:2128–2136.

(7) Franziska Grundler and Col. Interplay between oxidative damage, the redox status, and metabolic biomarkers during long-term fasting Food Chem Toxicol. 2020 Nov; 145: 111701.